Essai Lagoon 42

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La vie est belle en catamaran !

 

 Si le catamaran, sur le marché des plus de 13 mètres, tend à tailler des croupières au monocoque, ce n’est peut-être pas pour rien… Alors essayez ! Car le confort d’un multicoque comme ce tout nouveau Lagoon 42 ne vous laissera pas indifférent.

 

 Lagoon est certainement le premier constructeur à avoir assumé, pour ses modèles, une priorité accordée au confort plutôt qu’aux performances. Les catamarans du chantier bordelais sont plus lourds, certes, que la plupart de leurs concurrents de même taille, mais ils offrent une importante capacité de charge et un agrément de vie à bord indiscutable. Le tout à un prix plutôt serré. Bilan : Lagoon est de loin le leader mondial des catamarans de croisière. Après deux modèles innovants avec leur gréement reculé – le 52 puis le 39 –, le constructeur a lancé il y a tout juste un an son 42, que nous avons pu tester à Porquerolles, dans le cadre de l’Escapade Lagoon, rassemblement de propriétaires de catamarans de la marque.

 

Vu du ponton, il affiche une silhouette moins imposante – toutes proportions gardées – que celle du 39, un zeste de sportivité en plus avec la nervure de coque proche du liston, et toujours les étraves « diamant ». Le Lagoon 42 a de l’allure. Reconnaissons même que dans sa livrée gris métallisé, il en jette. Et puis, en plus du gréement reculé (deux mètres tout de même par rapport à l’ancien modèle, le 420) déjà mis en place sur les deux précédents modèles, le 42 apporte un net gain en terme de design, avec un rouf aux lignes plus légères et des étraves plus agressives – plus volumineuses dans leur partie supérieure également. Autre effort moins visible : la chasse au poids… Finis les lourds contremoulages. Le chantier a étudié de nouveaux procédés de finition pour éviter les doubles épaisseurs, en particulier sur les parties hautes – toit du rouf, montants de la nacelle et bimini. La circulation du cockpit vers l’intérieur a fait l’objet d’un soin tout particulier : planchers de plain-pied et accès très large grâce aux grandes baies coulissantes en trois parties. Dans la nacelle, toujours une vue imprenable sur l’extérieur avec les grands hublots verticaux – parfaits pour lutter efficacement contre l’effet de serre – et une belle cuisine en U, toute proche du cockpit. Le 42 offre deux mètres de hauteur sous barrots avec une vue saisissante sur la mer et des cabines (trois ou quatre) toutes XXL. Les couchages, au standard terrestre, proposent un accès par trois côtés à l’arrière et deux à l’avant – grâce au redan de coque. Les rangements ? Il y en a partout. La finition, très soignée, combine des boiseries claires, du gel-coat blanc et de la toile tendue.

Le Lagoon 42 présente également un plan de pont particulièrement réussi où on circule facilement sur des surfaces planes – bravo pour les panneaux flush – et bien dégagées. Le cockpit profite d’assises confortables, d’une table modulable – petite table basse ou grand plateau pour 8 personnes. Les jupes arrière sont très larges et les marches, basses, tout autant. Très appréciable à l’heure de la baignade…

Du côté des performances, il faudra bien compter sur la grand-voile à corne et le gennaker pour booster les moyennes : le 42 pèse tout de même 12 tonnes. Mais à la clé, une capacité de charge compatible avec les exigences du grand voyage. Bien mené par un équipage expérimenté, le 42 s’est permis de boucler largement en tête le tour de Porquerolles face à une flotte Lagoon qui comptait pourtant deux modèles plus grands, un 440 et un 450. A la barre, les sensations sont agréables grâce à une transmission précise – biellettes et drosses. Le poste de barre, installé à bâbord de la face arrière du rouf, est surélevé pour permettre une bonne vision du plan d’eau. Les réglages sont simples et efficaces ; ils reviennent tous à portée du barreur, protégé par un bimini rehaussé.

 

Surprise au louvoyage : le bateau est très équilibré, remonte à 50° du vent et tient, par 10/12 nœuds de vent, les 7 nœuds de moyenne. Soit de réelles aptitudes à tirer des bords au près. Le 42 est également capable de belles accélérations au portant. Les 10 nœuds sont vite dépassés – il faut regarder le GPS pour le croire tant la navigation paraît tranquille. Un point très positif : la nacelle est bien au-dessus du niveau de la mer, de sorte que le bateau cogne peu dans la vague. Et puis, pour vous convaincre de l’étonnant potentiel de ce pur croiseur, le 42 a tout de même dépassé les 16 nœuds à plusieurs reprises lors de ses premiers essais… un sacré run pour un pur cata tout confort, non ? Bravo aux architectes VP/LP, qui sont parvenus, malgré les contraintes du cahier des charges – confort, habitabilité, déplacement – à dessiner une unité véloce et attrayante à mener.

Les six premiers mois qui ont suivi son lancement, le 42 a été vendu à près de 150 exemplaires. Soit un record absolu qui laisse augurer d’une diffusion hors-norme. De là à battre celui du 380 et de ses 800 unités… Les raisons de ce succès ? L’analyse de Christophe de Kerdrel, un des responsables commerciaux : « plus léger grâce à sa construction en injection et donc plus performant, il se place sur un créneau de taille pas si fréquenté – la plupart des modèles font 40 ou 44/45 pieds – tout en offrant le volume… d’un 44 pieds justement ».

Concessionaire Belgique: www.shipshop.be

 

 

 

Emmanuel van Deth