Essai Lagoon 46

Du confort, du volume, et un grand gennaker

Avec ce nouveau 46, Lagoon se lance un sacré défi puisqu’il s’agit pour le leader des catamarans de croisière de remplacer son best-seller, le Lagoon 450, un modèle qui totalisera dans quelques mois 950 exemplaires construits…Grosse pression pour Lagoon : 100 exemplaires du 450 sont encore en commande… Le lancement d’un nouveau modèle réclame donc d’infinies précautions – comme celle de disposer d’un prototype un an avant la production en série. Le Lagoon 46 prend donc place dans la nouvelle gamme, entre le 42 et le 50. Il adopte logiquement le même design : nervures, hublots de coques intégrés dans une réservation, redans mais aussi bande de couleur entre les hublots du rouf et le bimini et haut des étraves plongeantes. Un dessin très soigné qui parvient presque à faire oublier l’impressionnant volume proposé – tant dans la nacelle que dans les coques. Car le souhait de Lagoon est d’offrir, plus que jamais, un catamaran tout confort.

Du volume, sans oublier les performances

Pour autant, le constructeur ne s’en laisse pas conter quant à ses ambitions en matière de performances. Un speed test a même été organisé entre le 450 et le 46 afin de valider le gréement du nouveau modèle. Pas question bien sûr que le nouveau modèle soit à la traîne par rapport à l’ancien. Le chantier a donc conservé son mât reculé – décliné sur tous les modèles depuis 2012 avec le Lagoon 39 -, mais son profil est également particulièrement élancé. Le foc auto-vireur affiche ainsi une surface respectable. La grand-voile présente un profil très soigné sur le plan aérodynamique, avec une corne.  Cette configuration (GV + solent) ne parvient pas à donner des ailes au 46 par petit temps – pas plus de 5 nœuds au près (50 à 55° du vent) par 10 nœuds de vent réel. En revanche, l’imposant gennaker fait des miracles puisqu’on a relevé lors de notre essai une pointe à plus de 9 nœuds, soit presque la vitesse du vent ! Le chantier propose deux motorisations : deux blocs Yanmar de 45 ou 57 chevaux. Deux puissances bien adaptées au déplacement du 46 : 16,6 tonnes lège (soit près de 20 tonnes prêt à naviguer). Les deux réservoirs, de 520 litres chacun, sont d’une contenance identique à ceux du 450. Ils assurent, pour une consommation totale de 12 à 14 litres/heure, une autonomie de 560 milles à la vitesse de 7 noeuds.

Un plan de pont optimisé

Le chantier est parvenu à concilier, sur le pont de son 46, facilité de manœuvres, aisance de circulation et farniente. Toutes les manœuvres se concentrent sur le poste de barre central, perché sur le fly-bridge – accessible par les deux côtés. Le barreur, installé juste devant un solarium géant de 5 m², gère facilement la marche du bateau et les réglages. Une nouveauté : le chariot de barre d’écoute est animé par un moteur électrique, un système développé par Harken, qui donne toute satisfaction. Dommage que le bimini qui protège le fly-bridge masque une bonne partie du plan de voilure. Ce bimini est également disponible en dur. Nous préférons barrer bimini rabattu ; là, on a une excellente vue sur le plan d’eau. En revanche, pour les manœuvres cul à quai, la caméra de recul – disponible en option – n’est pas un luxe.

La part belle au farniente

Le Lagoon 46 fait la part belle au farniente avec de nombreuses assises et plusieurs « bains de soleil », dont un, inédit, dans le cockpit avant. Le coffre du guindeau fait office de table. Malin ! Le cockpit arrière, parfaitement protégé par le bimini, est bien sûr de plain-pied avec la nacelle ; la table, à bâbord, peut doubler sa surface pour accueillir jusqu’à 12 convives. Elle est équipée d’un banc coulissant afin de libérer, en usage normal, l’accès direct au passavant bâbord. Une cuisine complète, en deux modules, permet de préparer les repas à l’extérieur. Une grande méridienne s’étend à tribord. La circulation a été optimisée pour donner un accès direct aux jupes arrière (170 cm de largeur) et aux passavants, toujours supérieurs à 90 cm. Bravo pour les mains courantes, intégrées au rouf. En revanche, l’écoute de gennaker, en tension, gêne l’accès vers l’avant et vers le fly-bridge : mieux vaut emprunter alors le passage au vent. L’annexe est supportée par des bossoirs ou par une plate-forme immergeable (en option).

Priorité au volume

A l’intérieur, priorité au volume… tout en s’accommodant facilement de l’épontille de mât. Si l’ouverture côté cockpit n’est pas très large avec 88 cm en bas et 1,38 m en haut, elle ne gêne en rien l’agrément de la vie à bord. D’autant que la hauteur sous barrots est de deux mètres. Le carré, contrairement au 50 contraint d’intégrer des cabines centrales, est installé sur un seul niveau. La table (145 par 81 cm), peut accueillir 8 convives. On profite à l’avant d’une grande baie vitrée qui s’escamote verticalement dans le montant du rouf. Une bonne idée bien sûr, piquée aux… Bali. Cuisine en U et coin navigation – tout à l’avant de la nacelle – sont fonctionnels et placés de manière à ne pas gêner la circulation, même dans le cas d’un équipage nombreux. Dans les coques, on relève un des points forts du Lagoon 50 : les couchages avant offrent la même largeur que ceux de l’arrière, soit 1,60 m. La version que nous avons essayée est celle à trois cabines, avec toute la coque tribord dédiée au propriétaire. Grande couchette double arrière, sofa, bureau et salle de bains XXL : le confort offert est exceptionnel. Une déclinaison quatre cabines, plus adaptée au charter, est également disponible.Chaque cabine dispose de sa salle de bains. Chacune gagne en volume grâce aux réservoirs à eaux noires déplacés sous les planchers, en fond de coque. On relève partout de bonnes capacités de rangement – tiroirs, équipets, penderie.

 

Les amateurs de croisière tout confort seront certainement séduits par le remplaçant du Lagoon 450. Convivialité dans la nacelle, les cockpits et le fly-bridge et intimité préservée dans les cabines. Et la bonne surprise de ce nouveau modèle, c’est qu’il est capable d’allonger la foulée – à condition de dérouler le gennaker.

 

 

 

 

Emmanuel van Deth