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La Palma, l’autre Canarie…

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LA PALMA, l’autre Canarie…

A moins de 50 milles de la côte si courue de Tenerife, un joyau à découvrir…

Décentrée au Nord-Ouest de l’archipel, elle n’est pas sur la route classique des candidats à la transat. C’est sans doute ce qui lui donne cette authenticité qu’on ne retrouve ni à Lanzarote, ni à Tenerife, ni même à La Gomera. Ici, on ne vit pas – que – du tourisme, et c’est cela qui change tout. Du large, la côte montagneuse ourlée de nuages bien blancs sur sa caldera (le sommet de l’ancien volcan) représente la dernière escale avant le grand océan. A l’approche, de longues bandes réfléchissantes dans le soleil intriguent le navigateur. Il s’agit des plantations de bananes protégées par des bâches : 70% de la population active s’occupe de la banane, et spécialement sur le flanc Ouest de l’île. Vous pouvez même en visiter le musée !

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A un saut de puce de la Gomera, on contourne la pointe Sud de l’île, ses éoliennes et son «nouveau» volcan. Les scientifiques prédisent un cataclysme énorme entre 2015 et 2515 : la chute dans la mer de toute la partie Ouest de l’île (celle des bananes!) provoquant un séisme majeur, un tsunami, qui ravagerait même les côtes américaines… Le mieux pour l’éviter : rester en mer ! Ceci dit, ce n’est sans doute pas une excuse pour ne pas tirer un bord jusque-là, car l’endroit en vaut vraiment la peine …

A l’Est ou à l’Ouest ?

Les deux ports d’escale possibles sont soit Santa Cruz, la capitale, soit Tazacorte, une agréable petite station balnéaire aux plages de sable noir sur la côte Ouest. D’accès facile, à condition de bien parer les récifs – non balisés – débordant largement la côte juste au Sud de l’entrée, elle est vraiment une bonne marina : haut mur de protection contre la houle (fréquente) de Nord-Ouest, chicane d’entrée efficace pour garantir des eaux calmes à l’intérieur et surtout un accueil chaleureux, comme on n’en trouve plus dans nos marinas trop fréquentées. Le personnel se décarcasse pour aider le plaisancier en escale : conseils de promenades, d’activités, petit bar parfait, wifi impeccable… Puerto de Tazacorte est sans grand attrait et cela vaut la peine de monter les 2 km. (le stop fonctionne très bien) vers le village de Tazacorte, pour goûter le charme de ses belles façades colorées et de sa place du marché animée.

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Ambiance différente à Santa Cruz… A l’arrivée, plusieurs « cruise ships » et même, lors de notre passage, le Queen Elisabeth, sont amarrés le long de la gigantesque jetée. De l’autre côté de la darse, le port commercial de l’île avec ses grues. Un environnement urbain, c’est le moins que l’on puisse dire… La marina, dont l’accès est pourtant très fermé, ne retient pas bien la houle et les bateaux y dansent plutôt : le shipchandler fait recette dans la vente d’amortisseurs d’amarres ! Par contre, la ville est jolie : ruelles pavées étroites, belles églises, belle ambiance, surtout quand les paquebots ont levé l’ancre… On y trouve une foule de petits bars et de restaurants accueillants, des boutiques d’artisanat local plutôt sympathiques et, si le temps le permet, une vue superbe sur La Gomera et, plus loin, sur le Teide de Tenerife.

Des docksides aux chaussures de rando

Découvrir La Palma, c’est avant tout monter en altitude et se laisser tenter par une randonnée pédestre dans le parc naturel de la Caldera de Taburiente. Si les jours de Kalimma (ce vent du Sud-Est, peu fréquent en hiver, qui amène un air chargé de sable du Sahara) sont à éviter, les paysages que l’on découvre en prenant de l’altitude sont saisissants. De zones très construites, on passe à un environnement plus agricole où l’on cultive, outre les bananes, des concombres, des tomates et des vignes dont le produit, tant rouge que blanc est intéressant. Un goût fruité et soufré auquel la lave omniprésente n’est pas étrangère. Montant encore, on parvient en pleine haute montagne où l’air est pur et très frais (penser à la petite laine, voire au bon polaire). Pour marcher, plusieurs types de parcours s’offrent à vous, en fonction du temps dont vous disposez, mais surtout de vos capacités physiques… De la randonnée-escalade par une audacieuse « via ferrata » à la promenade sur des chemins parfaitement entretenus et fléchés, tout est possible. En montée comme en descente. Le point de départ idéal est sans doute La Cumbrecita, un col à 1300 mètres d’altitude, dont les pentes vertigineuses dominent l’énorme cratère. Pour se rendre sur place, le réseau de bus vicinaux est excellent, ils sont parfaitement à l’heure et très bon marché. La voiture de location, par contre, est plus difficile à trouver : ici, le tourisme n’est pas la première industrie. Dans les coteaux aux délicieuses odeurs de pin, cueillant des amandes sauvages au goût puissant, sans rencontrer âme qui vive, on savoure l’escale. Le ciel est d’une incroyable pureté ; l’étude astronomique est d’ailleurs une spécialité de l’île. Comme l’eau, qui est l’une des meilleures possibles : il est bon d’en remplir ses vaches pour la traversée… Autres types de paysages dans l’extrême sud de l’île, autour des volcans de San Antonio et de Teneguia : la lave noire rappelle celle de Lanzarote. La variété des balades semble infinie …

Mais déjà il faut partir. C’est le lot du marin. Disparaissant à présent dans le sillage, La Palma restera une île accueillante dont la population n’est pas envahie par le tourisme de masse, comme dans beaucoup d’îles des Canaries, qui vit à l’heure si douce de l’agriculture, sous des montagnes sublimes. Définitivement, le bord en a valu la peine …

Alexis Guillaume