La Skipper d’Islande

Cap au Septentrion

Capture d’écran 2015-01-25 à 19.36.03Pour cette édition 2006, les organisateurs ont pu obtenir la forte présence de la nouvelle Class 40 (5 Pogo 40 et 3 Jumbo 40). Ces skippers sont, pour la plupart, en quête de leur qualification pour la Route du Rhum partant de St-Malo ce 29 octobre. On compte aussi 8 bateaux en IRC et 1 catamaran en plus des 2 Open 50 dont un skippé par la charmante Servane Escoffier sur « Vedettes de Bréhat ».

Pour certains skippers et équipiers, l’aventure a commencé bien plus tôt par la préparation du bateau mais aussi par la participation à un stage de survie ISAF obligatoire. En tous cas, pour tous les partants, la récompense du départ a été de taille. L’accueil paimpolais à la sortie du port, aux portes des écluses, fut impressionnant ! 1000 personnes qui vous applaudissent et vous honorent au son du biniou, cela toucherait plus d’un marin au cœur de pierre.

La première étape faisant route vers le nord a pu voir des options différentes se dessiner dès les premiers bords. En effet, la traversée de la Manche a dû se faire au près et dans un vent un peu mou. Deux groupes, l’un sur la route directe et l’autre dans une option « ouest », se sont créés. Bien qu’annoncés plus rapides, les Class 40 restent proches des bateaux de série (IRC) dans ces conditions. Après le passage du Fastnet et de l’Irlande à laisser à tribord, la flotte s’éparpilla plus d’est en ouest pour rencontrer des conditions très variables. Des jours de pétole le long des côtes irlandaises et de la baston (jusqu’à 50 nœuds) dans l’ouest. Finalement la flotte arrivera dans un laps de temps d’environ 48h. L’arrivée en Islande a marqué tous les équipages. Le paysage est grandiose et la nuit a disparu depuis la latitude des Hébrides. Le classement importe peu dans ces conditions car l’accueil islandais est à la hauteur de l’épreuve endurée sur 1200 milles. Chacun partage son expérience autour des spécialités locales : Aquavit, poissons séchés et autres politiquement incorrects steaks de baleine.

L’étape de courtoisie reliant Reykjavik à Grundarfjördur (village de pêcheurs jumelé avec Paimpol) s’est déroulée dans la bonne humeur et accompagnée de quelques voiliers locaux. Tou- jours plus nord (latitude quasi 65° N), ce port flanqué au pied de montagnes enneigées en plein été a laissé un souvenir impérissable aux marins du « sud ». L’accueil a impressionné tous les participants par sa chaleur et son désintéressement.

L’étape retour vers le sud, où certains bateaux changèrent d’équipiers et d’autres repartirent en solo, peutCapture d’écran 2015-01-25 à 19.27.30 être qualifiée de particulière. Comme à l’aller en Bretagne, les locaux ont réservé une salve d’encouragements inattendue en ces lieux et montré une grande reconnaissance pour l’épreuve à venir. A peine 24h après le départ, une nouvelle alarmante se répand dans la flotte via VHF et Iridium : un mur de 3 dépressions très creuses situées à quelques milles au sud de l’Islande barre la route aux voiliers. La plupart, mais pas la totalité, de la flotte prendra la décision de s’abriter à Grindavik. Pour ces derniers, entre 2 et 4 jours de patience selon l’appréciation de chaque skipper seront de mise et scelleront leur sort au classement final. Les quelques bateaux ayant décidé de braver la météo choisissent des routes bien différentes pour éviter les coups de vent. On peut alors distinguer 2 pelotons : ceux ayant continué et ceux ayant fait escale. Les premiers arriveront finalement peu de temps avant les autres à cause, à nouveau, d’une pétole au sud de l’Irlande. Toutefois, le comité de course infligera une pénalité de 20% aux plus prudents pour usage du moteur (pour entrée et sortie du port) qui brisera tout espoir de performance. Les 2 partants belges : Merena et Xhosa ont eu des parcours bien différents. Le premier en Class 40 se place à une très bonne 4e position finale tandis que Xhosa, en IRC, a été contraint à l’abandon à cause d’une rupture d’étai au large de Galway.

Michael Delatte