Moth

Moth Volant! Décollage 3,2,1... Zéro!

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J’ai l’occasion de naviguer à bord d’un Moth international dernier cri. Celui-ci est fabriqué en Nouvelle-Zélande et porte le doux nom d’« Assassin ». Ce Moth suit la tendance actuelle de classe et est donc doté de foils afin de défier la loi d’Archimède. Hé oui, ce bateau vole ! Il pèse 30 kg tout compris (moins de la moitié du poids du barreur !), une GV «full batten» de 8 m2 avec des « camber inducers » version planche à voile. Bref, ce bateau n’est vraiment pas comme les autres. Andrew Brown me propose de faire une session sur son Moth. Andrew est navigateur olympique et coach international. Il encadre des coureurs et partage son expérience. J’ai navigué plusieurs fois contre lui en Farr 3.7 et il m’a appris pas mal de choses. Il navigue maintenant en Moth et prépare minutieusement le mondial de l’année prochaine qui aura lieu à Belmont en Australie.  Après une journée de travail, je me rends donc au lac Pupuke situé dans Auckland. C’est un peu le Galgenweel du coin. Andrew a déjà gréé le Moth. Mike Sanderson et sa femme préparent le leur. Oouups !, va falloir assurer et montrer comment les Belges naviguent ! Il y a une bonne brise de15nœuds,mais il y a pas mal de risées assez vicieuses : l’anticipation sera de rigueur ! Andrew me briefe : « Julien, pour décoller tu abats et tu bordes. Il est important de garder le bateau gîté au vent ; quand il est sur les foils, tu vas en avant et tu gardes le bateau contre-gîté ! ». Le Moth est un des rares bateaux naviguant contre-gîté. En fait, la force hydrodynamique des foils est perpendiculaire à ceux-ci. Et donc, pour que le bateau soit en équilibre avec les forces aérodynamiques, le Moth doit être gîté au vent. Me voilà donc sur l’« Assassin ». Je suis de suite impressionné par la stabilité du bateau. En fait en dessous des ailes, il y a des bouchons d’air de flottabilité. Cela s’est avéré très pratique. J’abats et je choque ma GV pour me permettre d’avoir un bon angle d’entrée. Le bateau accélère, je commence à border, car le vent apparent diminue et, hop, me voilà à 1 m de l’eau et à 15 nœuds ! Je régule la GV pour garder un bon équilibre. Une petite risée arrive et malheureusement je ne règle pas la GV assez vite. Le bateau gîte positivement et… plouf ! C’est sans souci que je remets le Moth droit. Il ne fait que 30 kg, mais c’est du solide : la structure a été proprement pensée et réalisée.

 

 

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Deuxième essai et j’applique la même musique : j’abats, décolle, borde et avance mon poids. Ça décolle vite ! Le vent est bien rentré. Je dépasse sans aucun souci tous les planchistes et sous le vent s’il vous plait ! La rive se rapproche : euh, je fais quoi, Andrew ? Andrew n’est plus là : il a pas réussi à me suivre avec la sécurité. Je choque un peu la GV et fais atterrir le bateau. Je ne prends pas de risque pour mon premier virement. J’ai été étonné par les qualités marines de ce bateau. J’ai réussi à virer sans trop de soucis. Là, je tente une descente vent arrière. Même scénario qu’au près : abattre, décoller border et avancer. Mais pour un Moth, c’est différent que pour d’autres bateaux : il accé- lère tellement que son vent apparent est toujours petit. Donc, au plus tu abats, au plus tu accélères et donc il faut border ! En abattant, je prends une accélération impressionnante et je fais un majestueux soleil : c’est que la bête n’est pas toujours docile !   Le plan de pont de l’«Assassin» est simple et efficace : cunningham, hâle-bas, écoute, bordure. Il y a peu de risques de se faire mal en chavirant ! Je remets le Moth droit et je traverse tout le plan d’eau : quel run !
Ma vision se rétrécissait avec la vitesse… Ma trajectoire est loin être parfaite, mais, j’ai le sourire aux lèvres ! On a une réelle impression de voler au-dessus de l’eau ! Le bruit est minimal : il n’y a que la spatule avant qui touche l’eau. Cet astucieux système permet de régler le volet situé sur le bord de fuite du foil principal. Le foil du safran est, quant à lui, en une pièce. Tout le safran pivote afin d’ajuster sa quête. Ceci permet de changer l’angle d’attaque du foil du safran afin de générer la force hydrodynamique requise pour avoir un bon contrôle en tangage du bateau.

Capture d’écran 2015-01-21 à 14.59.31Je me sens plus à l’aise et refais quel- ques bords de travers. Mes virements s’enchaînent mieux, mais je ne suis évidemment pas en mode aérien. Quand je pense que les meilleurs restent en l’air quand ils virent et empannent en gardant leur vitesse ! Je retourne vers le bord et chavire le bateau, car on ne sait pas relever les appendices en navigation. Dès que j’ai pied, je prends le bateau sur mes épaules et le dépose sur ses ailes. On peut commencer à dégréer.

Après une seule session, j‘ai réussi à voler ; mais j’ai encore pas mal de temps à passer sur l’eau pour me sentir complètement à l’aise. L’« Assassin » est vraiment fun, il y a un bon niveau dans la série et les gens sont très sympas. À noter que le bateau est facilement transportable (le tout rentre dans un petit fourgon). Pour la somme de 7.600 euros, il est à vous ! Chacun sa drogue pour s’envoyer en l’air !

J’aimerais remercier chaleureusement : Andrew Brown, pour la session et ses bons conseils (www.forceracing.co.nz) Moth « Assassin », de m’avoir laissé essayé un de leur Moth démo (www. assassinmoth.com)

L’école de voile, de Alan McIntosh (www.madloop.co.nz et www.melte- mibeachcats.co.nz) pour avoir genti- ment mis une sécu à ma disposition.

 

 

 

 

Julien Pilate